Home » Articles en lecture libre » Entretien Renaud Capuçon par Frédéric Möri

Entretien Renaud Capuçon par Frédéric Möri

Résumé de l'article

Dans cet entretien, Renaud Capuçon évoque son lien avec le violon Guarneri del Gesù « Panette » (1737), dont la sonorité ample l’a transformé depuis 2005. Il partage son admiration pour des figures comme Menuhin, humaniste et modèle de transmission, et des mentors comme Giulini. Capuçon souligne l’importance de la tradition et de l’héritage musical, incarnés par cet instrument autrefois joué par Isaac Stern. Son parcours reflète une quête de sonorité idéale, entre confiance et palette sonore infinie, faisant résonner une histoire musicale exceptionnelle.

Article complet

Renaud Capuçon, directeur artistique des Sommets Musicaux de Gstaad
Renaud Capuçon, directeur artistique des Sommets Musicaux de Gstaad

Vous jouez maintenant le Guarneri del Gèsu « Panette » (1737), J’imagine que cet instrument extraordinaire, qui incarne une tradition à lui tout seul, a changé beaucoup de choses.

J’ai joué pour la première fois ce violon en 2005, cela va faire dix ans maintenant. Sa sonorité ample, grave, suave m’a touché immédiatement. J’avais l’impression d’avoir à ma disposition des milliers de couleurs pour étendre ma palette sonore, une impression de grande confiance aussi, comme si cet instrument m’aidait à trouver ma sonorité rêvée. Isaac Stern l’a joué 50 ans, et l’a aimé aussi énormément, c’était sa voix. Aujourd’hui, c’est la mienne. Et je suis heureux et fier de pouvoir continuer à faire résonner cet instrument exceptionnel.

C’est aussi une manière de s’inscrire dans une tradition. La transmission est pour vous une chose fondamentale, à commencer par ce que l’on reçoit, directement ou non, de ses modèles.

Absolument. Cela dépasse le simple fait de jouer de la musique. J’admire de plus en plus Menuhin, Barenboïm, Casals, qui ont fait des choses autour de la musique. Avec sa Fondation, Menuhin a su incarner autre chose qu’une grande carrière : c’était un humaniste. J’ai joué devant lui un concerto de Mozart et nous devions le jouer ensemble l’année suivante. Il est mort quatre jours avant le concert. Je me souviens de ce regard bleu d’une douceur incroyable.  C’est une personne qui dégageait quelque chose même sans instrument, sans musique. Giulini était la beauté et l’élégance personnifiée.

Partager l'article

La Lettre d’Artpassions
Bimensuelle
Suivez toute l'actualité de l'art.

Une sélection d’articles en lecture libre, notre analyse du marché, nos recommandations d’expositions et de lectures.

S’abonner à Artpassions
Suisse 1 an CHF 46 · Digital CHF 20
Le magazine, chez vous.

Quatre numéros par an, papier ou digital. Le magazine d’art le plus vendu en kiosque en Suisse, où jamais une publicité ne coupe un article.

Articles du même auteur
ap-fallback-image

Antiquités égyptiennes

L’Egypte des Pharaons est sa passion, mais il s’intéresse à l’archéologie en général et aussi à la peinture, celle des années 1950/60. Rencontre avec un amateur hors norme, qui cultive la discrétion. Sise au bord du lac, entre Genève et Coppet, la maison impressionne. Il reste peu de la villa ...

Attribué à PIETER HUYS
Vers 1519 - Anvers - 1584
La Tentation de Saint Antoine
 Panneau : 45 x 62 cm

GALERIE DE JONCKHEER: DES MOTS POUR PEINTURE Les peintres flamands dans la littérature

De Jonckheere Genève présente ...
In Artpassions Web

GROB GALLERY: STREIK ! Exposition collective

une voiture de taille réelle de l’artiste Sylvie Fleury ...

LA LETTRE D'ARTPASSIONS

Toute l'actualité de l'art : une sélection d'articles en lecture libre, notre analyse du marché, nos recommandations d'expositions et de lectures. Bimensuelle.