Home » Articles en lecture libre » Le triomphe de la peinture à la TEFAF 2018

Le triomphe de la peinture à la TEFAF 2018

Résumé de l'article

Article complet

La TEFAF 2018 a marqué le retour en force de la peinture ancienne, alors que lors des précédentes éditions la sculpture et la peinture moderne recelaient les plus belles pièces. Cette année, au hasard des allées, on remarquait un Jacopo Bassano de belle qualité chez Gallo, un grand tableau de Charles Le Brun trônant chez Coatalem, deux Luca Giordano dans deux galeries différentes, un Boucher très décoratif dans son cartouche rocaille quelque part ailleurs.

Hercules Segers, Paysage montagneux, 1625-1630, huile sur panneau, 25,4 x 64,4 cm, galerie Dickinson

Mais le tableau le plus rare et le plus précieux du salon, dans les faits et par l’effet, était une petite peinture d’un artiste hollandais du siècle d’or dont le nom ne dit, hélas, pas grand-chose au public, hors du cercle restreints des amateurs : Hercules Segers (vers 1590-vers 1638). Le Rembrandt du paysage. Appartenant à la même famille depuis deux cent cinquante ans, ce petit paysage blond sur fond bleu représentant une côte montagneuse déchiquetée où se devine comme par anamorphose de petits villages avait été exposé l’année dernière au Rijksmuseum et au Metropolitan Museum of Art.

Bernardo Cavallino, Saint Etienne, galerie Giacometti

Certaines des toiles les plus admirables étaient dues à des aussi peu familiers : on admirait chez Giacometti, un buste de saint en extase peint par Bernardo Cavallino d’une finesse et d’une sensualité toutes napolitaines tandis qu’une énigmatique et fantasmagorique allégorie représentant Mars châtiant l’Amour (soit la vertu guerrière masculine triomphant sur les vains appâts de l’amour) par un certain Camillo Mantovano (nous sommes à la fin du XVIe siècle) happait le regard sur le beau stand de la galerie Canesso, à côté d’une monumentale scène de bataille du Cavalier d’Arpin, l’employeur du Caravage à Rome. Enfin, pour le XIXe siècle, la galerie parisienne Hopkins avait rassemblé un estimable panel d’œuvres Nabies (Bonnard, Vuillard etc.) où se détachait une toile ésotérique due à Paul Ranson, le chef spirituel du groupe, représentant le Bouddha devant le Christ en croix, dans un panache de nuages anthropomorphes.

 

Tancrède Hertzog

Partager l'article

La Lettre d’Artpassions
Bimensuelle
Suivez toute l'actualité de l'art.

Une sélection d’articles en lecture libre, notre analyse du marché, nos recommandations d’expositions et de lectures.

S’abonner à Artpassions
Suisse 1 an CHF 46 · Digital CHF 20
Le magazine, chez vous.

Quatre numéros par an, papier ou digital. Le magazine d’art le plus vendu en kiosque en Suisse, où jamais une publicité ne coupe un article.

Articles du même auteur
Renaud Capuçon, directeur artistique des Sommets Musicaux de Gstaad

Entretien Renaud Capuçon par Frédéric Möri

Vous jouez maintenant le Guarneri del Gèsu « Panette » (1737), J’imagine que cet instrument extraordinaire, qui incarne une tradition à lui tout seul, a changé beaucoup de choses. J’ai joué pour la première fois ce violon en 2005, cela va faire dix ans maintenant. Sa sonorité ample, grave, suave ...

In Artpassions Web

Les contributeurs d’Artpassions et le confinement: Dominique Fernandez chez lui

Nous avons posé quelques questions à Dominique Fernandez de l’Académie française   1 Comment se passe une journée type « confinement » de Dominique Fernandez Écrire, lire, écouter de la musique (toutes les sonates de Beethoven, toutes celles de Mozart, toutes celles de Schubert, tout Rachmaninov), une promenade d’une demi-heure ...

LA LETTRE D'ARTPASSIONS

Toute l'actualité de l'art : une sélection d'articles en lecture libre, notre analyse du marché, nos recommandations d'expositions et de lectures. Bimensuelle.